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HPI en France : un potentiel écrasé par un système qui ne comprend rien

HPI en France : un potentiel écrasé par un système qui ne comprend rien - Caroline Cayol - Maître Praticienne certifiée en Hypnose Ericksonienne Avignon

Dès le CP, les enfants HPI brillent. Ils lisent vite, comprennent avant les autres, répondent juste, parfois avant même que l’enseignant n’ait fini sa question. Les premiers mois, c’est presque un enchantement : tout semble facile, naturel. Et puis… arrive la répétition, l’ennui, les exercices 200 fois refaits, le programme qui stagne. Le miracle du CP se transforme en cauchemar scolaire : jusqu’à la classe de 1ère et le choix des spécialités, parfois même au-delà du Bac pour des enfants mal orientés, ces enfants peuvent passer pour moyens, parfois médiocres, et même "nuls" alors qu’ils sont simplement prisonniers d’un système inadapté.

Dans les classes préparatoires, le constat est aussi cruel. Alors qu’on pourrait penser que ces environnements stimulants les valorisent, les chiffres montrent que les HPI représentent à peine 5 à 10 % des effectifs, souvent noyés dans une compétition sans fin, avec un rythme qui ne respecte ni leur curiosité ni leur besoin d’approfondir à leur manière. Et là où ils auraient pu s'épanouir, leurs mauvaises notes au lycée les empêchent d'entrer !

L’école française : un environnement infernal

L’école française fait un travail admirable pour aider les enfants en difficulté. Mais pour les HPI ? C’est un poison. Ici, on tire vers le bas plutôt que vers le haut. Les professeurs, malgré la bonne volonté de certains, ne comprennent pas ces enfants. À leur décharge, certains voient des HPI partout, alors que le chiffre réel reste stable : 2 à 2,5 % de la population. Ce qui fait quand même au moins un élève par classe en moyenne.

Résultat ? Les vrais HPI souffrent. Ils s’ennuient, sont moqués, pris pour des paresseux, pour des débiles, parfois même jalousés (par des profs). Et quand on demande un enrichissement, que fait-on ? On leur donne des devoirs en plus. Comme si un enfant qui a déjà compris un concept devait répéter 200 fois le même exercice. Ce n’est pas de l’enrichissement, c’est de la torture intellectuelle.

Les écoles privées sous contrat ne sont souvent pas mieux. On pousse tous les enfants dès le primaire pour qu’ils deviennent de futurs polytechniciens, mais la répétition stérile reste le cœur de l’enseignement. Les exercices répétés à l’infini, les programmes surchargés, la pression constante… tout cela étouffe les enfants HPI.

Reste les écoles spécialisées pour enfants précoces, qui respectent leur rythme et leur curiosité. Mais faut-il les habituer à ne rester qu’entre eux, à l’écart d’un monde qui ne comprend pas leur fonctionnement ? L’enjeu est énorme : apprendre à vivre avec la différence tout en étant capable de s’intégrer dans la société.

Quant aux sauts de classe, c’est vraiment au cas par cas. L’enfant HPI doit pouvoir choisir de rester avec ses copains, car il a souvent tellement de mal à en avoir. Et puis, à quoi bon obtenir son bac à 14 ans si, socialement et émotionnellement, il est complètement isolé ? La précocité académique ne doit jamais se faire au détriment de l’épanouissement humain.

Alors il faut juste prier de tomber sur la perle rare, le bon enseignant, en croisant les doigts. Mais il y en a peu.

Le HPI peut même devenir un handicap si l’environnement est inadapté Le potentiel peut se transformer en souffrance psychologique si l’enfant est enfermé dans un système qui ne respecte pas son rythme et si les parents ne sont pas en capacité d'enrichir son univers.

Des génies comme Léonard de Vinci ou Albert Einstein ont appris à leur rythme, ce qui a déployé leur potentiel, contrairement à l’école française où la répétition et l’ennui éteignent la curiosité et la créativité.

La pensée en arborescence, l’angoisse existentielle dès la petite enfance, le cerveau qui ne s’arrête jamais… tout cela peut être exacerbé dans un environnement scolaire étouffant.

La colère militante

Aujourd’hui, être HPI est presque devenu une injure ou un sujet de moquerie. La société, et même l’école, ne valorisent pas cette différence, alors qu’elle représente un potentiel énorme. Et on ose parfois dire à ces enfants qu’ils sont « difficiles », alors qu’ils sont simplement trop intelligents pour un système qui ne sait pas quoi en faire. Un système qui gâche ainsi ses meilleurs fruits !

Il est important de rappeler que le HPI n’a rien à voir avec un handicap intellectuel. La différence de QI entre une personne HPI et une personne « moyenne » est la même que celle entre une personne avec un QI moyen et une personne trisomique (QI ≈ 70). Mettre un HPI dans une classe normale serait donc aussi absurde que de placer un enfant à l'intelligence normale dans une classe pour déficients intellectuels. Cela devrait suffire à montrer à quel point le système actuel est souvent à côté de la plaque : il étouffe des talents au lieu de les nourrir.

Ces enfants ont besoin de liberté professionnelle et intellectuelle : choisir ce qu’ils étudient, quand ils l’étudient, comment ils l’approfondissent. Sans cela, le HPI peut devenir un handicap invisible, transformant le potentiel en souffrance, la créativité en frustration, et la curiosité en angoisse.

Et les pairs HPI ? Une question de culture et de curiosité

Enfin, il faut rappeler que tous les HPI ne sont pas égaux dans leurs cercles sociaux. Certains jeunes HPI, peuvent être attérés par le niveau culturel ou la profondeur de réflexion de leurs soi-disant pairs HPI. Le QI seul ne fait pas un esprit cultivé ni curieux : être HPI ne garantit ni la passion pour les livres, ni l’envie d’apprendre, ni la capacité à se nourrir de connaissances variées.

La frustration est réelle : certains enfants ou adolescents HPI se retrouvent entourés de jeunes « HPI » qui se contentent de suivre la masse, répètent des codes superficiels, se vantent de leur QI ou de diplômes théoriques sans jamais chercher à comprendre ou à explorer le monde. Pour un vrai HPI, dont l’esprit ne s’arrête jamais et qui vit avec une pensée en arborescence, c’est un véritable choc. L’ennui avec des pairs « superficiellement HPI » peut être encore plus écrasant que l’ennui scolaire : il y a l’intelligence, certes, mais pas la profondeur, pas la curiosité, pas la culture qui nourrit et éveille.

Pour ces enfants, il est crucial de :

  • Rassurer sur leur propre valeur et leur curiosité naturelle, sans qu’ils se comparent aux autres ni se sentent « différents » de façon négative.
  • Chercher des environnements stimulants et culturels, comme des clubs de lecture avancée, ou de jeux de sociétes, des ateliers scientifiques, des forums ou groupes spécialisés où ils peuvent rencontrer de vrais pairs curieux et engagés intellectuellement.
  • Accompagner le développement culturel, en proposant des lectures variées, des films, des documentaires, des voyages ou des expériences artistiques qui nourrissent la pensée et la créativité.
  • Permettre l’expression personnelle et le dialogue, car le HPI a besoin de parler de ses passions, de ses idées et de ses découvertes avec des interlocuteurs capables de comprendre et de challenger son raisonnement.

Le HPI, c’est un potentiel énorme, mais ce potentiel ne se mesure pas seulement à travers les chiffres, les diplômes ou les notes scolaires. Il se nourrit de culture, de curiosité et d’expériences. Sans ces éléments, même l’intelligence la plus brillante peut s'étioler.

Être HPI, c’est vivre avec un cerveau qui ne s’arrête jamais, avec des questions existentielles dès l’enfance, des angoisses profondes, avec des passions intenses et des besoins de stimulation constants. Et pour que ce potentiel devienne une véritable force, il faut des environnements adaptés. Il faut s'enrichir tout le temps, de films, de livres , d'expo, de lecture, de discussions intellectuelles, d'écoute de débats, tout en gardant cet esprit critique, cette distance, cet humour typique des HPI.

HPI à l’âge adulte : études, métiers et épanouissement

Les HPI ont souvent un parcours scolaire atypique.

Selon plusieurs études :

  • Universités et Grandes Écoles : environ 10 à 15 % des élèves en classes préparatoires scientifiques sont HPI. Dans les écoles d’ingénieurs et de commerce, ce chiffre est similaire.
  • Parcours supérieurs diversifiés : beaucoup de HPI ne se limitent pas aux filières scientifiques. Certains se dirigent vers les arts, la littérature, la recherche, l’entrepreneuriat ou les métiers de conseil et de stratégie. Il y a aussi de nombreux autodidactes .
  • Polyvalence professionnelle : une étude de Mensa montre que les HPI adultes occupent souvent des postes à responsabilités, créatifs ou innovants, mais qu’ils sont aussi plus enclins à changer de métier souvent, et d'entreprise encore plus souvent s’ils se sentent étouffés ou déconnectés de leur environnement.
  • Vie sociale et couple : les HPI ont tendance à se marier avec des personnes à intelligence proche, car la compatibilité intellectuelle et émotionnelle est essentielle pour eux.

Malgré ce potentiel immense, il existe un risque de burn-out professionnel si la liberté et la stimulation ne sont pas présentes. Beaucoup souffrent d’ennui intellectuel ou d’incompréhension dans des environnements trop rigides.

Comment l’hypnose peut accompagner les HPI de 7 à 77 ans L’hypnose n’est pas une baguette magique pour augmenter le QI, mais c’est un outil puissant pour gérer le stress, l’angoisse existentielle et l’hyperactivité mentale des HPI.

Les séances d’hypnose peuvent aider les HPI à prendre conscience de leur style de pensée, à réguler leurs émotions et à adopter des stratégies d’apprentissage adaptées.

Cela ne change pas le QI de base, mais optimise l’utilisation de leurs ressources intellectuelles

Enfance et adolescence (7‑18 ans) : canaliser l’énergie mentale, travailler la concentration et la gestion des émotions. Permet de se recentrer et de prendre confiance dans ses capacités, sans frustration due à l’ennui scolaire.

Jeunes adultes (18‑30 ans) : faciliter la prise de décision professionnelle et le développement de projets personnels ou entrepreneuriaux, en clarifiant les priorités et en réduisant la paralysie mentale due à la surcharge cognitive.

Adultes (30‑50 ans) : accompagner la gestion du stress au travail, arriver à choisir la voie qui est la sienne, stimuler la créativité appliquée et maintenir un équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

Seniors (50‑77 ans et +) : maintenir la motivation, gérer l’anxiété et renforcer la résilience cognitive et émotionnelle, en favorisant un bien-être durable malgré un cerveau toujours en alerte.

En résumé, l’hypnose permet de transformer ce qui pourrait être un handicap dans un environnement inadapté en un potentiel pleinement exploité, à toutes les étapes de la vie. Elle offre un cadre sûr pour que les HPI puissent apprendre, créer, travailler et vivre sans être écrasés par leur propre intelligence ou par un système qui ne les comprend pas. Elle les aide à être heureux.

Sources :
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