Canicule : quand la chaleur révèle des soucis que l’on croyait maîtriser

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Il est 22h45. La fenêtre est ouverte, mais l’air ne bouge pas.
Marie est allongée sur son lit depuis presque deux heures. Elle a chaud, elle colle, elle s’agace contre le moindre bruit. Son mari dort déjà. Elle, elle regarde le plafond.
Demain, elle doit travailler. Il faut penser aux courses, aux enfants, à appeler sa mère, répondre à ce mail important, ne pas oublier le rendez-vous médical.
Et soudain, sans comprendre pourquoi, elle se met à pleurer. « Je ne vais quand même pas craquer juste parce qu’il fait chaud… »
Mais ce n’est pas seulement la chaleur. La chaleur a simplement retiré le peu de réserve qu’il lui restait.
Quand tout devient trop
Pendant les périodes de canicule, beaucoup de personnes disent : « Je ne me reconnais plus. »
Elles sont plus nerveuses, plus tristes, plus impatientes. Elles dorment mal. Elles oublient des choses. Elles supportent moins les enfants, les collègues, leur conjoint, le bruit, la lumière, les imprévus. Elles ont l’impression que tout le monde leur demande quelque chose au même moment.
Comme Sophie, qui s’est mise à hurler sur son fils parce qu’il avait renversé un verre d’eau. Après coup, elle s’est enfermée dans la salle de bain et elle a pleuré.
Pas à cause du verre. Pas vraiment.
Mais parce qu’elle n’avait pas dormi correctement depuis quatre nuits. Parce qu’elle travaillait toute la journée dans une pièce étouffante. Parce qu’elle devait aussi gérer son père malade. Parce qu’elle ne s’était pas accordé une seule vraie pause depuis des semaines.
Le verre d’eau a été la goutte de trop.
La chaleur ne crée pas toujours le problème. Elle révèle parfois ce qui était déjà là.
Le reste de l’année, on tient.
- On se dit : « Ça va aller. »
- On gère.
- On avance.
- On porte les autres.
- On reporte le repos à plus tard.
Puis arrive la canicule.
Et tout ce que l’on maintenait à distance commence à prendre plus de place.
- L’anxiété devient plus forte.
- Les douleurs semblent se réveiller.
- Les nuits deviennent difficiles.
- La cigarette du soir devient deux cigarettes.
- Le verre pour « se détendre » devient presque automatique.
- Le placard à gâteaux devient une solution rapide quand on n’a plus d’énergie pour réfléchir.
Ce ne sont pas forcément de mauvaises volontés ou des rechutes inexpliquées. Ce sont souvent des tentatives de calmer un système nerveux qui n’en peut plus.
« J’ai peur de faire un malaise »
Pour d’autres, la chaleur fait remonter des peurs corporelles.
Paul, par exemple, évitait déjà les magasins très fréquentés et les embouteillages. Mais l’été dernier, avec les températures élevées, il a commencé à avoir peur de sortir seul.
Dès qu’il sentait son cœur accélérer, il pensait :
- « Je vais tomber. »
- « Je vais faire un malaise. »
- « Personne ne pourra m’aider. »
Alors il restait chez lui. Il se sentait soulagé pendant quelques minutes. Puis prisonnier.
La chaleur n’avait pas créé son anxiété. Mais les sensations physiques — cœur plus rapide, souffle plus court, transpiration, fatigue — avaient réveillé son alarme intérieure. Son corps lui envoyait des signaux liés à la chaleur. Son cerveau les interprétait comme un danger. Et plus il avait peur, plus son corps s’emballait.
Quand la fatigue fait parler les douleurs
Pour les personnes qui vivent avec des douleurs chroniques, l’été peut aussi être une épreuve.
Nathalie souffre de fibromyalgie depuis plusieurs années. Habituellement, elle arrive à organiser ses journées. Elle alterne les moments d’activité et de repos. Elle essaie de ne pas se laisser engloutir par la douleur. Mais pendant les fortes chaleurs, elle dort mal. Et quand elle dort mal, tout devient plus difficile.
Ses muscles sont plus tendus. Elle se sent irritable. Elle culpabilise de ne pas réussir à faire ce qu’elle avait prévu. Elle s’en veut de dire non. Alors elle force. Et plus elle force, plus elle s’épuise. Ce n’est pas « dans sa tête ».
Mais le stress, le mauvais sommeil et la fatigue nerveuse peuvent amplifier l’expérience douloureuse.
C’est pour cela qu’il est parfois utile de ne pas travailler uniquement sur la douleur elle-même, mais aussi sur tout ce qui l’entoure : l’alerte permanente, la peur de ne pas y arriver, la culpabilité, la difficulté à ralentir.
La question n’est pas seulement : « Comment tenir ? »
La vraie question est parfois : « Pourquoi est-ce que je dois toujours tenir ? »
Beaucoup de personnes que j’accompagne sont devenues expertes dans l’art de tenir.
- Tenir pour les enfants.
- Tenir pour les parents vieillissants.
- Tenir au travail.
- Tenir dans le couple.
- Tenir malgré la maladie, les douleurs, les soucis d’argent ou les conflits.
Mais quand le corps surchauffe, quand le sommeil disparaît et que les nerfs sont à vif, il devient plus difficile de continuer à faire comme si tout allait bien.
Et c’est parfois là que quelque chose d’important apparaît :
- « Je suis épuisé(e). »
- « J’ai besoin d’aide. »
- « Je ne peux plus être la personne qui porte tout. »
Ce que l’hypnose peut aider à travailler
L’hypnose ne remplace jamais les gestes de prévention essentiels pendant une canicule : boire régulièrement, éviter les efforts aux heures les plus chaudes, chercher la fraîcheur, surveiller les personnes fragiles et consulter rapidement en cas de symptômes inquiétants.
Mais elle peut être utile quand la chaleur révèle ou accentue un terrain déjà fragile.
Elle peut aider à :
- apaiser un système nerveux qui reste constamment en alerte ;
- retrouver un meilleur sommeil ;
- diminuer l’angoisse liée aux sensations corporelles ;
- travailler l’irritabilité, la surcharge mentale et le trop-plein émotionnel ;
- accompagner les douleurs chroniques, en complément du suivi médical ;
- comprendre ce que viennent calmer la cigarette, l’alcool, le sucre ou les achats compulsifs ;
- apprendre à ralentir sans se sentir coupable ;
- retrouver une sensation de sécurité intérieure.
L’objectif n’est pas de vous faire devenir insensible à la chaleur, aux difficultés ou aux émotions. L’objectif est de vous aider à ne plus vous sentir seul(e) et débordé(e) face à elles.
Et si cette canicule était aussi un message ?
Peut-être qu’elle vous dit simplement :
- « Tu ne peux pas continuer à vivre sans récupération. »
- « Tu as le droit de ralentir. »
- « Tu n’as pas besoin d’attendre l’effondrement pour prendre soin de toi. »
La chaleur passera. Mais ce qu’elle aura révélé mérite peut-être d’être entendu.
Parce qu’il arrive qu’un épisode de canicule ne soit pas seulement une période pénible.
Il peut aussi devenir le moment où l’on commence enfin à se demander :
Qui suis-je, quand je ne suis plus en train de tout porter ?
En cas de malaise, confusion, vomissements, fièvre élevée, troubles de la conscience, peau très chaude, essoufflement important ou aggravation inhabituelle de votre état de santé, contactez rapidement les secours ou un professionnel de santé.
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