Caroline CAYOL

Hypnose Ericksonienne & EMDR

Hypnose Ericksonienne et EMDR à Villeneuve-lès-Avignon

Et si, à force de râler, on entraînait notre cerveau à aller mal ?

Et si, à force de râler, on entraînait notre cerveau à aller mal ? - Caroline Cayol - Maître Praticienne certifiée en Hypnose Ericksonienne Avignon
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Ici en Provence, on vit dans une région magnifique. Et souvent… on ne la voit même plus.

Il y a quelques jours, le journal britannique The Telegraph a publié un classement des 96 départements français, et ceux qu'il faut visiter en priorité.

Évidemment, j’ai regardé notre coin.

Le Vaucluse : 10/10. (sur le Podium avec à ses côtés; la Dordogne, l’Hérault, la Lozère et les Pyrénées-Atlantiques).
Le Gard : 9/10.
Les Bouches-du-Rhône : 8/10.

Et je me suis dit : mais nous vivons au milieu d’un décor que d’autres traversent la Manche, l’Europe, parfois le monde, pour venir découvrir.

  • À deux pas d’Avignon.
  • À deux pas du Luberon.
  • À deux pas des Alpilles.
  • À une heure des calanques.
  • Pas loin de la Camargue.

Entre pierres blondes ou ocres, le Ventoux, nos marchés, les oliviers, la lumière du soir, les cigales, les grandes terrasses, le mistral et son ciel immense.

Et pourtant… On râle.

  • Il fait trop chaud.
  • Il y a trop de vent.
  • Les cigales font trop de bruit.
  • Les touristes prennent toute la place.
  • Les parkings sont pleins.
  • Les rues sont bondées.
  • La terrasse est bruyante.
  • Le marché est impraticable.
  • La Provence, oui, mais quand même…

Parce que râler, on sait faire. On dit que c’est très français. Et c’est intéressant, parce qu’un autre article de la BBC expliquait justement que râler en France n’est pas seulement se plaindre : c’est aussi une manière de créer du lien, d’entrer en conversation, de montrer qu’on a un regard critique.

En France, râler peut presque devenir un art social. On râle ensemble. On soupire ensemble.

On se comprend autour d’un “non mais franchement…” ou d’un “tu te rends compte ?” Et parfois, oui, ça fait du bien. Mais à partir de quand ce petit réflexe devient-il une façon d’habiter le monde ?

À partir de quand la plainte cesse-t-elle d’être une soupape… pour devenir une habitude ? Parce qu’à force de se plaindre tout le temps, le cerveau apprend. Il apprend à chercher ce qui ne va pas. Encore. Et encore.

  • Il repère le bruit avant le chant des cigales.
  • La chaleur avant la lumière.
  • Le monde avant la beauté des rues.
  • Le vent avant le ciel lavé.
  • Le touriste avant la chance de vivre ici.

Et peu à peu, sans s’en rendre compte, on peut devenir plus tendu.

  • Plus anxieux.
  • Plus bougon.
  • Plus irritable.
  • Plus agressif parfois.
  • Plus fatigué aussi.
  • Voire plus triste.

On croit qu’on évacue. Mais en râlant,

  • On entretient le stress.
  • On entretient l’agacement.
  • On entretient la sensation d’être envahi.
  • On entretient cette impression que “rien ne va jamais vraiment”.

Et c’est encore plus vrai quand on a grandi dans un climat de critiques, d’injonctions négatives, de phrases qui blessent, de remarques qui rabaissent.

  • “Fais attention.”
  • “Tu n’y arriveras pas.”
  • “Tu es trop…”
  • “Tu n’es pas assez…”
  • “Ce n’est jamais bien.”
  • “Tu aurais pu faire mieux.”

Ces mots-là ne disparaissent pas toujours avec l’âge. Ils laissent parfois des traces. Parfois même de vraies plaies.

Et quand, adulte, on vit dans un environnement où tout le monde se plaint tout le temps, où tout est toujours trop, pas assez, nul, pénible, inquiétant, agaçant… ces vieilles traces peuvent se réactiver. Comme si le monde extérieur venait confirmer la petite voix intérieure qui critique déjà.Vivre dans un monde où tout le monde se plaint tout le temps peut devenir un vrai facteur de déprime. Et encore plus si l’on se plaint soi-même en permanence. Parce qu’alors, il n’y a plus beaucoup d’endroits où respirer.

  • La plainte est dehors.
  • La plainte est dedans.
  • Le cerveau tourne en boucle.
  • Le corps se tend.
  • L’humeur se ferme.
  • La fatigue s’installe.
  • Et le beau devient presque invisible.

Bien sûr, il ne s’agit pas de nier les vraies difficultés. Il y a de vraies douleurs.

  • De vraies fatigues.
  • De vraies inquiétudes.
  • De vraies périodes sombres et compliquées. Et la nôtre en fait partie.
  • De vraies raisons d’en avoir assez.

Mais il y a une différence entre dire ce qui ne va pas… et vivre dans la plainte. Une différence entre exprimer une difficulté… et entraîner son cerveau à ne plus voir que ça.

L’hypnose, ce n’est pas apprendre à sourire bêtement quand tout est difficile. Ce n’est pas “positiver” à tout prix. C’est parfois simplement retrouver un peu d’espace intérieur. Assez d’espace pour sortir du pilotage automatique.

Pour respirer. Pour faire un peu de silence face aux vieilles voix critiques. Pour ne plus laisser les injonctions négatives du passé décider de toute notre météo intérieure.

Pour se demander :

  • “Est-ce que cette voix qui critique est vraiment la mienne ?”
  • “Est-ce que je peux aussi lui réapprendre à voir ce qui apaise ?”
  • “Est-ce qu’il reste une place pour le beau ?”

Parce que parfois, la vie ne change pas immédiatement.

  • Le mistral souffle toujours.
  • Les cigales chantent toujours.
  • Les touristes reviennent toujours.
  • La chaleur aussi.

Mais quelque chose peut changer dans notre façon de traverser tout cela.

Et peut-être qu’un jour, au lieu de dire seulement : “Il fait trop chaud.”

on pourra aussi se surprendre à penser : “Quelle lumière incroyable.”

Sources :
The Telegraph, “Every one of France’s 96 departments – ranked and rated by our expert”, Anthony Peregrine, publié le 24 mars 2026.
BBC, “Pourquoi les Français aiment se plaindre et comment en ont-ils fait un art”, Emily Monaco, publié le le 2 février 2021.

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